Prologue
                                                                    Le XIXe siècle a été pour le Bas-Canada une période glorieuse pour la
                                                                    poésie. Loin des grands centres comme Montréal et Québec dans un
                                                                    endroit retiré au milieu des fermiers qui trimaient dur pour cultiver la terre et nourrir leur famille, au pied des Laurentides dans un environnement enchanteur et inspirant pour Louise-Amélie Panet àlaisser aller son talent de poétesse. Un milieu propice pour une bonne éducation dans sa jeunesse, un milieu bilingue et un entourage multiculturel l’ont aidé à développer ses talents de poétesse et de peintre minimaliste. 

​Pourtant, la culture n’était pas considérée comme très importante dans le Bas-Canada, surtout dans le milieu francophone. L’église catholique surveillait tous les spectacles présentés publiquement et ne se gênait pas d’émettre ses opinions et de critiquer au besoin, et de plus, il n’y avait pas de salle de spectacle. Ceux-ci avaient surtout lieu dans des maisons et autres endroits privées Il y a bien eu l’opéra Colas et Colinette créé par Joseph Quesnel et présenté à Montréal en 1790, mais on pouvait aller au théâtre de façon sporadique seulement, où on présentait des créations françaises de bas-Canada ou du Molière. Il y avait bien eu également deux salons de la poésie et les écrivains vont tarder à présenter leurs œuvres.  Pour la peinture c’était à peu près la même chose. Ceux du XIXe siècle étaient surtout d’origine anglophone ou d’autres nationalités. Ce n’est que plus tard que les québécois vont commencer à vraiment s’exprimer.

​Son père étant anglophile, ne manquait pas l’occasion d’exprimer sa loyauté envers l’Angleterre. Pour Louise Amélie Panet, ceci lui permettait de fréquenter les milieux tant francophones qu’anglophones. Il faut dire que à cette époque, 70 ans environ après la conquête anglaise, l’enseignement dans le Bas-Canada était déplorable. À peu près seulement les notables et les personnes fortunées pouvaient faire instruire leurs enfants dans des collèges, des couvents ou dans des écoles privées. Dans les campagnes, il n’était pas rare d’utiliser le presbytère pour l’enseignement scolaire lorsque c’était possible. Les petites écoles de campagne étaient plutôt rares et les professeurs ne pouvaient pas suffire à la tâche.

​C’était l’environnement dans lequel Louise-Amélie Panet va grandir et développer ses talents et elle va s’exprimer surtout dans la poésie. La politique était chose courante car son père avait été député et juge de la cour des plaids communs. La famille Panet a joué un rôle important tant du point de vue religieux, judiciaire que politique et même militaire dans les troupes de la marine française. Sous le régime anglais, son père en tant qu’officier de la milice anglaise participe à la défaite des troupes américaines en 1775-1776.


Jeunesse de Louise-Amélie Panet
Louise-Amélie Panet nait à Québec le 27 janvier 1789 et très tôt déjà, dès l’âge de 19 mois, elle fréquente le couvent des Ursulines. Peut-être, était-ce une sorte de prématernelle? Rapidement, elle apprend avec beaucoup de facilité ce qu’on lui enseigne et très tôt elle apprend à lire. À l’âge de 3 ans, elle accourt vers sa mère et lui dit « regarde maman, je sais lire ». C’était une élève très brillante et avide de connaissances. En 1795, son père était nommé juge pour la cour du Roi à Montréal.  Ce  fut là, l’occasion pour la famille Panet de déménager dans cette ville. Étant propriétaire de la seigneurie ​Louise-Amélie Panet d’Argenteuil, il rêvait de s’y établir un jour.

​Il faut donc inscrire Louise-Amélie à l’école et celles-ci étaient plutôt rares. On l’inscrit tout d’abord dans une école privée anglaise, celle de Mme Sketchley. Vu qu’elle était la seule élève francophone, les élèves anglophones la ridiculisaient et on l’appelait Smoky-head, surnom que les anglais donnaient en dérision aux Francophones. Elle ira dans quelques autres écoles avant de terminer à l’école de Jeanne-Charlotte Allamand. 

                                                               Avant de parler de l’école de Mme Allemand, regardons un peu le    
                                                               cheminement des Berczy-Allamand depuis leur naissance et leur  
                                                               parcours avant d’arriver à Montréal. Albert Guillaume Berczy est né à 
                                                               Wallerstein en Allemagne et fit ses études de peintre à Vienne en
                                                               Autriche. Par la suite, il se rend à Berne en Suisse dans le but de vendre
                                                               ses tableaux. Il y rencontre Jeanne Charlotte Allamand qui était née à
​                                                               Lausanne en Suisse et qui aussi faisait des études en peinture. Ils  
                                                               décidèrent donc d’aller s’installer à Florence en Italie pour quelques
                                                               années, mais la vente de leurs tableaux ne rapporte pas beaucoup Ils
                                                               retournent donc à Berne pour se marier et partent pour l’Angleterre.
                                                               Mais là aussi, ça ne fonctionne pas bien. Or vu qu’il était allemand, le
                                                               gouvernement anglais lui propose d’emmener une centaine d’immigrés allemands à Genesse dans l’état de New York, mais l’entente ne fonctionne pas aux États-Unis. Ils s’en vont donc à Toronto et c’est le même problème, mais les immigrés s’y établissent tant bien que mal à York (Toronto). Les Berczy viennent donc à Montréal où Mme Allamand-Berczy y ouvre une école. Elle et son mari vont enseigner les langues et la peinture car ils sont artistes-peintres et les deux parlent l’Allemand, l’italien, l’anglais et le français. Elle enseignera aussi le latin. Avec l’étude des langues, Louise-Amélie apprend la poésie dont elle en fera un art. La famille Berczy va se lier d’amitié avec Louise-Amélie à cause de sa facilité à apprendre et de sa grande curiosité. Elle deviendra donc un membre de la famille.

​Mais son meilleur professeur aura été son père qui se disait du siècle des Lumières, car il tenait à ce que sa fille ait la meilleure éducation possible et il lui transmettra ses connaissances. Elle y étudiera aussi la philosophie et les sciences entre autres. Vu que son père a aussi été député à Québec, elle sera en mesure de comprendre ce qui se passait à Québec en politique surtout dans cette période trouble du Bas-Canada. Les fréquentations de son  père étaient des notables francophones que anglophones. Les sujets de discussions que son père avait avec ses visiteurs francophones étaient pour certains, la poésie car il s’y intéressait beaucoup, mais pour les Anglais, c’était surement la politique. De par son père elle a fréquenté les salons de certains patriotes comme Louis-Joseph Papineau, les frères Jacques et Denis-Benjamin et d’autres du temps qu’elle vivait è Montréal. Son père qui était membre des francs-maçons, avait le surnom de vieux malcommode. Tout cela va lui permettre de porter un jugement éclairé sur la société de l’époque. Son père va aussi l’intéresser​Pierre-Louis Panet aux sciences, aux mathématiques aussi bien qu’à la littérature, auxlangues et à la philosophie des Lumières. Aussi, elle va se moquer des régimes alimentaires de l’époque. C’est ainsi qu’elle a accumulé un lot impressionnant de connaissances, d’apprendre à être heureuse avec le quotidien et de se libérer de toute contraintes.

​Déjà, dès l’âge de 19 ans, elle excelle au pinceau. Elle peint le portrait d’une religieuse dans une scène représentant un enfant endormi. En 1812 l’année de la mort de son père, elle rédige 2 poèmes, soit Chanson et Imitation En 1814, ses problèmes de santé vont la forcer à aller pas 6 mois à Kamouraska pour refaire sa santé. En 1816, elle rédige Imité de l’Anglais et l’année suivante, ce sera Je vois d’un œil tranquille. En 1818, elle fait le portrait de Angélique Chartier de Lanaudière.

Son mariage et sa vie au Haut-Canada
​A l’école de Mme Allamand elle voyait régulièrement son fils William Bent car il fréquentait la même école qu’elle, soit celle de sa mère et les deux se sont liés d’amitié et ils ont été des amis pendant plusieurs années avant de se marier le 27 septembre 1819 à la cathédrale anglicane. Jusqu’en 1840, Le gouvernement du Bas-Canada acceptait mal de voir un protestant marier une catholique à l’église catholique. Elle va donc s’établir sur les terres de son mari, une terre de 2400 acres située à Sandwich dans le Haut-Canada (aujourd’hui, Windsor, Ontario) et qu’il avait obtenue en compensation pour les problèmes que son père avait eu jadis lorsque celui-ci voulait faire implanter une centaine d’allemands à York dans le Haut-Canada. 

​Louise-Amélie Panet ne reste pas enfermée chez elle, elle aime voyager et surtout venir è Montréal visiter ses amis et sa famille et surtout sa mère qui à cette époque vivait au manoir d’Ailleboust. Elle va en profiter pour peindre sa sœur Marie-Anne Panet, tableau Intitulé : Marie-Anne Panet è la guitare. A Sandwich en Haut-Canada, elle va composer un texte intitulé : Été des Sauvages, inspiré du doux temps de l’automne là où elle vivait.

 
La vie au manoir
​Suite à la mort de sa mère au manoir Panet en 1828, elle

et son mari auront à s’occuper du manoir avec l’aide de

son frère Pierre-Louis. En 1832, probablement à cause

des difficultés pour gérer le manoir à distance et pour

son mari qui doit gérer la ferme de tabac à Sandwich,

elle décida de déménager au manoir Panet. Son mari

ne la rejoindra qu’en 1834, lorsque sa fonction de

député du Haut-Canada sera terminé. Là, elle va donc

rédiger un poème intitulé Un mal affreux du bord

oriental

Comme elle fréquentait le monde bourgeois au Haut-Canada, son transfert au manoir lui imposera un autre régime de vie. Ce sera une vie plus sédentaire au milieu des habitants de la seigneurie. Cependant, elle trouvera le moyen et le temps de visiter ses amis et sa famille à Berthier et Montréal. C’est au cours d’une de ses visites en 1839 qu’elle dessina le tableau ci-contre qui rappelle la défaite des Américains en 1832. La  Longue pointe,site du combat de la grange  même année, elle termine un long poème de 1100 vers intitulé Quelques particuliers Aux quatre saisons du Bas-Canada Et aux mœurs de l’habitant de ses campagnes, Il y a déjà quarante ans déjà. Puis un poème chanté C’est le prince d’Orange au gué. D’autres poèmes suivront surtout en 1846. En 1850 c’est Sicut Navis.

​Avec l’arrivé de 50 000 Irlandais è Montréal en 1832, c’est l’arrivée du choléra qui va tuer des milliers de personnes au Bas-Canada. Étant revenue de Toronto pour prendre en charge le manoir, elle s’arrête pendant quelques jours pour visiter des membres de sa famille pour ensuite rentrer au manoir. Une fois arrivée, elle se sentit très malade. Mais lorsque les mauvaises nouvelles arrivent au manoir avec l’annonce de cette maladie, elle doit se rendre à l’évidence. Comme la nouvelle s’était répandue très vite, elle va se sentir très seule, surtout avec une jeune fille de 18 ans et un jeune garçon qui ne savaient pas quoi faire pour l’aider. Elle sentait donc un grand silence autour d’elle. Elle entendait parler des ravages causés par le choléra dans la seigneurie et ailleurs au Bas-Canada, le nombre de morts causés par cette terrible maladie. Cette affreuse maladie va lui demander plusieurs jours pour s’en remettre et pour retrouver ses forces. La seigneurie étant éloignée des grands centres, elle se croyait protégée, mais elle apprend déjà qu’on commence à compter les morts dans la seigneurie. On racontait qu’un homme rentrait chez lui un soir, et tout à coup s’affaissa dans sa voiture. Son cheval le ramena directement à la maison. Le lendemain, ce fut au tour de sa femme et de deux de ses enfants de succomber. Suite à ces évènements et étant encore sous l’effet de la fièvre, elle décide de mettre ses observations en vers dont voici le poème

Un mal affreux du bord oriental
Un mal affreux du bord oriental
A l’occident trace un chemin fatal
La mort le suit, il moissonne pour elle
Petits et grands, votre frayeur mortelle
Vous fait pousser un lamentable cri
Contre ce mal, l’homme n’a point d’abri
Tel est l’arrêt – frissonnez de détresse
Tordez vos bras, écrasez de détresse
C’est là tout un. Le fléau sans pitié
Par le Très-Haut en maître, il lui commande
Éclaircissez vos rangs à sa demande
Sans murmures malheureux fils d’Adam
C’est le Dieu fort! Ressouvenez-vous en
Vous n’étiez rien, il vous souffle la vie
Il la reprend, que sa main soit bénie

​Une fois guérie et sentant ses forces revenues, elle fait faire des travaux de rénovation au manoir, car celui-ci est en mauvais état. Elle en profite pour le modifier à son goût. Entre temps, il y a la gestion de la seigneurie qui comprend également une ferme de 360 arpents (107 hectares) avec des employés. Elle doit s’assurer de son bon fonctionnement. Elle n’hésitera pas à chausser les sabots et les vêtements appropriés pour aller aux champs pour voir comme vont les travaux de la ferme. Le matin, elle s’occupe de faire le petit déjeuner pour les serviteurs. Le jour elle reçoit un ou deux censitaires qui viennent payer leur cens. Elle négocie l’entente avec les sucriers (1) lorsqu’ils viennent louer une sucrerie pour le printemps. Ou bien elle fait atteler le cheval pour qu’elle puisse aller rendre visite à un censitaire qui est en retard dans le paiement de ses cens. Mais avec le retour définitif de son mari du Haut-Canada, elle sera plus libre car celui-ci va lui aider dans ses tâches de seigneuresse.

​En 1839, elle écrit à son neveu Guillaume Lévesque qui avait participé à la rébellion de 1837 en tant que patriote et qu’elle avait sauvé de la pendaison pour lui raconter sa journée normale de travail sans son mari qui est à York entant que député du Haut-Canada. Elle lui raconte ses états d’âme en poème

Ah! pourquoi n’ai-je eu de mes désirs?
J’eusse gouté tant de plaisirs!
Comme la vagabonde abeille
J’aurais flairé rose vermeille
Et comme le petit oiseau
Sans fin chanter sur le rameau


1-    Un sucrier était un acériculteur qui louait une érablière (sucrerie) pour produire du sucre (sirop). Les habitants avec ce sirop, en faisaient du sucre dur qu’on râpait pour en faire du sucre brun pour la table.

Puis mon âme philosophique
Mêlant le sublime au rustique
Se débarrassant de ses fers
Eût voulu planer dans les airs
Et je me serais élancée
Comme l’Aigle dans l’éthérée
Là, j’aurais fixé tour à tour
La terre et l’astre ardent du jour
Pensée ô trop qui importune
Que différente est ma fortune!
Les labeurs, les soins, les soucis
Partage des pauvres fourmis
Voilà le mien, ce commun sort
Que couronne à la fin la mort


                                                              Elle aimait beaucoup ses censitaires et aimait aussi les visiter pour
                                                              entendre leurs chansons et leurs contes et elle s’en inspirait dans ses
                                                              poèmes, Elle aimait aussi discuter avec eux pour parler de leurs
                                                              problèmes et de leurs difficultés. Elle en témoigne dans sa lettre à son
                                                              neveu Guillaume Levesque. 
                                                              Elle et son mari vont pratiquer le métier de gentleman farmer. Â cette
                                                              époque, le métier de cultivateur était plutôt facile à apprendre. Ils vont
​                                                              aussi s’intéresser au développement de la seigneurie et son mari va
                                                              faire construire un chemin dans la

                                                             Louise-Amélie Panet montagne au bout de la ferme pour y faire 
                                                             construire un moulin avec bonnet au tricot  pour les besoins des 
                                                             censitaires.





Fondation de St-Jean de Matha
Vers 1825, les premiers habitants venant des paroisses avoisinantes commencent às’installer sur le territoire de St-Jean de Matha, quoique la paroisse ne soit pas encore fondée. Les besoins urgents de nouvelles terres les obligent à venir s’y installer. Vu sa gestion efficace de la seigneurie d’Ailleboust, on lui confie la tâche de développer St-Jean de Matha. Mais il y avait un problème. La seigneurie Ramezay qui appartient également à la famille Panet, est à cheval sur la rivière l’Assomption et est assez petite. On décide donc de transférer la partie à l’ouest de la rivière à la seigneurie d’Ailleboust et pour agrandir la seigneurie Ramezay on emprunte une partie de la seigneurie voisine, soit à la seigneurie Brandon pour former la paroisse St-Jean de Matha. C’est de là que la rue Louise tient son origine.

Salons littéraires
​Louise-Amélie Panet a toujours conservé ses contacts avec ses amis et sa famille et aussi, il lui arrivait souvent de les visiter. C’est ainsi qu’elle décide d’organiser des salons littéraires chez elle au manoir pour inviter ses amis et les notables férus de d’art et de culture. À cette époque, la poésie était à la mode. Probablement qu’elle était déjà très connue comme poétesse de grand talent. La distance pour assister à des représentations poétiques ne semblait pas un handicap car elle recevait des notables connus comme Jacque Viger, premier maire de Montréal et ami de la famille, Louis Joseph Papineau, D. B. Viger, M d’Estimauville etc. et ils correspondaient régulièrement avec elle. C’est l’époque où commence à se développer la culture au Bas-Canada avec des artistes poètes et peintres. Les mêmes clients fréquentent également les salons de Marguerite Lacorne et Frédéric-Auguste Quesnel de Montréal. IL n’a pas de salles de concert, pour la musique, le théâtre et autres. Ce sont des troupes d’amateurs seulement qui présentent ces pièces de théâtre. Certaines sont même composées ici au Bas-Canada Habituellement, c’est dansdes maisons ou des édifices privés que ça se jouait. Mais le clergé n’aidait pas les troupes par ses critiques régulières sur le contenu de la pièce. 

​Louise-Amélie Panet savait bien entretenir ses invités car en plus de réciter sa poésie, elle chantait en s’accompagnant au clavecin, probablement ses poèmes chantés qu’elle avait composés et il y avait des discussions sur la culture lors de ces visites. Ses invités quittaient le manoir à regret car ils appréciaient grandement ce genre de salons littéraires uniques même si c’était loin dans la nature dans un décor enchanteur et sur des chemins sommaires. 

Mort de Louise-Amélie Panet
​Louise-Amélie avait régulièrement des problèmes de rhumatisme, problème qu’elle avait depuis sa jeunesse. Le climat plus rude au manoir ne l’aidait pas Elle avait dû séjourner à Kamouraska dans sa jeunesse, là où le climat était meilleur pour ce genre de maladie. Durant les années où elle vivait dans le Haut-Canada, elle ne sentait à toute fin pratique plus rien de ses rhumatismes. À la fin de ses jours, son rhumatisme était plus difficile à supporter. Sentant venir sa fin, elle va donc écrire son testament olographe en 1860. Toutefois, elle va continuer de s’occuper de la seigneurie aussi longtemps qu’elle aura la force, même si les seigneuries avaient été éliminées en 1854 par le Haut-Canada.

​Elle mourra deux ans plus tard le 24 mars 1862. Sans enfant, son mari William Bent Berczy peintre et milicien prend la relève et il mourra 11 ans plus tard. Quatre jours après sa mort, Louise-Amélie Panet fut enterrée au cimetière de Ste Mélanie situé derrière l’église en bois, remplacé quelques années plus tard par l’église actuelle. On peut voir son obélisque choisi par son mari, à proximité de la tombe famille là où sont enterrés plusieurs membres de sa famille dont deux de ses sœurs.

Épilogue
​Louise-Amélie Panet laisse un imposant recueil de poèmes qui ne furent jamais publiées car elle ne le voulait pas et cela malgré les demandes répétées de plusieurs de ses amis et des membres de sa famille. Seulement, une partie de ses poèmes furent publiées plus tard. Cependant on peut lire plusieurs de ses poèmes dans les deux premiers livres cités dans la bibliographie ci-après. Elle laisse également plusieurs de ses tableaux surtout des tableaux minimalistes. Aujourd’hui, il est difficile de retracer ceux-ci car plusieurs auraient disparu ou seraient tout simplement dans des maisons privées ou simplement dans des greniers chez des gens qui n’en connaissent pas vraiment la valeur réelle. 

​Avec la mort de Louise-Amélie Panet et de son mari, la seigneurie d’Ailleboust et toute la période de la culture qu’elle avait mise sur pied, tombent dans l’oubli. Les habitants de Ste-Mélanie étant t des personnes qui trimaient dur pour faire vivre leur famille. Leurs loisires étaient surtout folkloriques et cette culture étaient très loin de leurs intérêts. Depuis quelques temps, il s’est développé de l’intérêt grandissant pour les artistes du XIXe siècle. Cependant, on peut trouver des tableaux dans la collection Jacques Viger de l’Hôtel de ville de Montréal, dans les musées canadiens, surtout Ottawa et Toronto et surtout aux États-Unis et aussi dans des collections privées. 

​A l’époque de Louise-Amélie Panet, peu d’artistes francophones avaient pu s’exprimer par la plume et le pinceau. Elle a donc été la pionnière au Canada pour la poésie et la littérature. D’autres Québécois ne vont commencer à s’exprimer que plus tard. Il est donc très important de faire connaître cette grande dame d’une intelligence exceptionnelle, qui loin des grands centres au pied des Laurentides, peut s’exprimer d’une façon aussi brillante et être capable d’attirer les notables du Bas-Canada et peut-être du Haut-Canada dans ses salons littéraires.

Gaétan Dubreuil
Culture en Action

 

Bibliographie

Louise Amélie Panet par Marcel Ducharme, édition Point du jour
Louise-Amélie Panet, Quelques traits particuliers, Aux saisons du Bas-Canada, par Roger Lemoyne, éditions David
La famille Panet par Pierre-Georges Roy, Lévis 1906 (disponible seulement dans les bibliothèques)
Livre du 150e anniversaire de Ste-Mélanie
Plusieurs sites internet tel que :■ Louise-Amélie Panet
■ William Bent Berczy
■ William Von Moll Berczy, père de William Bent Berczy
■ Marie-Anne Cerré, mère de Louise-Amélie Panet
■ Jeanne-Charlotte Allamand, mère de William Bent Berczy
■ Pierre-Louis Panet. Père de Louise-Amélie Panet
■ Tous les autres membres de la famille de Louise-Amélie Panet
■ Histoire du français au Québec.
■ Arts et culture
■ Les prémices du théâtre francophone 1606-1867
■ Feux de la rampe et feux de l’action, André Bourassa, UQAM
Et plusieurs autres.



 

Louise-Amélie Panet, poétesse
Pionnière au Bas-Canada

Pierre-Louis Panet

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Bataille de Longue Pointe en 1775 
peint par Louise-Amélie Panet en 1839

Ville de Montréal

Louise-Amélie Panet

Louise-Amélie Panet 

Tableau de Willam Berczy